Conduite à tenir pour lui éviter de risquer de terminer sa vie à la fourrière…

par le Docteur Blanckaert de la Clinique Vétérinaire « Les Margats »

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Ze crois que z’ai vu un gros minet 😁😁

1 – Dans un lieu privé (ex. jardin, copropriété, champs, bois privés…), c’est sans doute le cas le plus fréquent :

Je m’assure qu’il n’appartient à personne (est-il identifié par tatouage, par puce électronique ou porte-t-il un collier, une médaille ?). Je peux faire vérifier par un vétérinaire (acte gratuit) et en parler aux voisins.

S’il est de propriétaire connu, il n’est pas considéré en divagation. Je peux le laisser vivre sa vie de chat, et éventuellement avertir son propriétaire, ce qui favorise les relations de bon voisinage.

S’il n’est pas identifié ou de propriétaire connu, je peux aussi lui laisser mener sa vie de chat, bien qu’il soit conseillé de le stériliser et de le faire identifier. Rien ne m’interdit de le recueillir, de le stériliser et de le faire identifier, éventuellement avec l’aide d’une association de protection animale, si mon budget personnel ne le permet pas.

Si cela est vraiment impossible, l’article L. 211-22 du code rural rend possible – ce n’est PAS OBLIGATOIRE ! – la saisie par vos soins (ou avec l’aide d’un agent de la force publique – et non par une société privée de capture, sauf à la payer vous-même) et la mise en fourrière…

Cas particulier des chatons :

Leur place n’est certainement pas en fourrière ! Ils risquent notamment d’y mourir de maladie, du fait de leur fragilité ou de leur déracinement ou d’être sacrifiés, faute de place ou de possibilité de nourrissage artificiel. Je recherche la mère qui ne doit pas être bien loin dans la plupart des cas, et éventuellement avec l’aide d’une association, je les fais socialiser, puis adopter, une fois identifiés. Plus tard, ils pourront être stérilisés… Quant à la mère, elle pourra aussi être stérilisée, identifiée et relâchée ou adoptée.

2 – Dans un espace public (la rue, un parc ou un square, une cour d’école, la plage, une forêt domaniale ou municipale…), le Maire qui prend « toutes dispositions propres à empêcher la divagation prescrit que les chats errants saisis sur le territoire de la commune sont conduits à la fourrière ». Il peut s’agir d’un chat non identifié trouvé à plus de deux cents mètres des habitations, d’un chat (identifié ou connu) trouvé à plus de mille mètres du domicile de son maître et qui n’est pas sous la surveillance immédiate de celui-ci ou d’un chat dont le propriétaire n’est pas connu et qui est saisi sur la voie publique.

C’est aux agents de la commune, ou à une société de capture qu’il revient (aux frais du contribuable = c’est-à-dire nos impôts) d’effectuer la capture.

Logiquement, le Maire agit pour des mesures de sécurité ou de salubrité. Si ce n’est pas le cas, faut-il vraiment avertir la mairie ?

Par ailleurs, et ce point est important, afin de ne pas surcharger inutilement la fourrière et de livrer les chats à un sort funeste, le législateur a prévu que le Maire doit privilégier, lorsque cela est possible (avec l’aide d’une association, d’une fondation de protection animale ou sur les fonds publics), la mise en œuvre de campagnes de stérilisation & identification. Dans ce cas, les chats n’ont pas lieu de passer par la case fourrière : ils sont relâchés sur le lieu de capture dès leur sortie du cabinet vétérinaire.

Cas particuliers :

– S’il s’agit d’un animal blessé, je contacte la mairie.
Si l’animal est blessé sur la voie publique, le service de ramassage indiqué par la mairie pourra le prendre en charge (voire, si besoin, les pompiers) et l’acheminer vers un vétérinaire conventionné par la mairie, ou vers la fourrière, où un vétérinaire est censé assurer les soins.

En dehors des heures d’ouverture de la fourrière, le numéro d’urgence de la mairie doit m’orienter vers un vétérinaire, qui a signé une convention, et qui pourra soigner et hospitaliser l’animal en attendant sa prise en charge par la fourrière.

A défaut, je peux amener l’animal chez un vétérinaire proche, qui, s’il n’est pas le vétérinaire conventionné, me fera signer un formulaire de dépôt.

– En zone rurale, certains chasseurs/piégeurs peuvent (accidentellement 😉) capturer un chat. En cas de capture accidentelle d’animaux non visés par l’article L. 427-8 du code de l’environnement, ces animaux doivent être relâchés sur-le-champ (Arrêté du 29 janvier 2007 fixant les dispositions relatives au piégeage des animaux classés nuisibles en application de l’article L. 427-8 du code de l’environnement). NOR: DEVN0700128A.

Au bilan… Avec un minimum de bon sens, si les Maires et les particuliers en prennent conscience, et si les sociétés privées de capture restent dans le rôle qui leur est dévolu et pensent plus à l’animal qu’à leur portefeuille, la fourrière ne devrait plus « crouler sous les chats ».

 

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